
QUESTIONS À
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser au monde des
cosmonautes ?
J’ai réalisé que c’était un domaine très peu exploré par la
littérature. C’est un décor accaparé par la science-fiction et la bande
dessinée, il n’y a quasiment pas de romans sur ce sujet. J’ai préféré les
Russes aux Américains car il m’a semblé que les Soviétiques formataient moins
leurs héros. On le voit dans les documentaires et interviews où les cosmonautes
parlent sans tabous de leur vie à bord de la station Mir : sexualité, perte de
libido, alcool, cigarettes.
Votre documentation sur les cosmonautes est impressionnante.
Oui, j’ai été fasciné par leur préparation physique et
mentale qui dure une dizaine d’années. Curieusement, dans ce monde sans
religion, tout est très ritualisé. J’ai voulu décrire des hommes tendus vers
les cieux qui une fois là-haut ne regardent plus que vers la Terre.
Combien de temps a duré votre travail ?
Entre les recherches et l’écriture, je dirais presque trois
ans. J’ai beaucoup lu, j’ai visionné des documentaires et je me suis rendu
auprès des spationautes français et des cosmonautes russes qui m’ont confié
beaucoup de détails très concrets. Je suis allé à Moscou, à la Cité des Etoiles
où vivent les familles, et à Baïkonour où j’ai assisté au départ d’une fusée
habitée. Un moment extrêmement émouvant. J’ai rencontré aussi un commandant de
sous-marin nucléaire français qui m’a expliqué comment il tenait ses hommes
dans un espace confiné.
Le huis clos semble important pour vous ?
Oui, vous avez raison, c’est même le fil conducteur de mes
trois romans.
Comment travaillez-vous ?
Comme je n’arrive pas à écrire le soir, après mon travail,
je dégage une période où je ne fais que ça pendant les vacances scolaires.
J’écris à la main, sur des cahiers, en laissant le verso libre pour des
rajouts. Cela me permet de voir sous les ratures. Suit la saisie informatique
qui est une véritable réécriture.
Avez-vous un sujet pour un nouveau livre ?
Non, je suis encore dans la fascination de l’espace.
Propos recueillis par téléphone par Claire Geoffroy
BIOGRAPHIE
Hugo Boris, né en 1979 à Paris, fait Sciences Po à Bordeaux
après une hypokhâgne, puis L’Ecole nationale supérieure Louis Lumière. Il
réalise des courts métrages et devient responsable pédagogique auprès du
directeur du département international de l’EICAR, Ecole Internationale de Création
Audiovisuelle et de Réalisation.
BIBLIOGRAPHIE
Le baiser dans la nuque Belfond, 2005, NB octobre 2005
La délégation norvégienne Belfond, 2007, NB octobre 2007
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Hugo BORIS
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