
QUESTIONS à… Félix de Belloy
Ce roman est-il le fruit de vos observations ?
Oui, c’est d’après mon expérience que j’ai imaginé les rapports qui peuvent exister entre une mère maghrébine et son fils unique, quand elle le voit progressivement tomber dans la délinquance et qu’elle ne sait pas comment l’arrêter.
Vous vivez dans le 93. Le monde d’Assiah et de Mehdi vous
est-il familier ?
C’est vrai que je vois beaucoup de petits « Mehdi », soit par mon activité d’avocat, soit à travers l’association que j’ai fondée à Saint-Denis, Proxité, qui propose à des adolescents en difficulté d’être accompagnés sur le long terme par des parrains bénévoles. Certains adolescents que nous suivons sont au bord de la rupture, avec la tentation du « caïdat ». C’est à eux que j’ai pensé en écrivant mon roman.
Plutôt qu’un roman sur la vie en banlieue, n’est-ce pas un récit sur l’amour d’une mère pour son fils ?
Quand j’ai entamé ce projet, mon premier but était de mettre en scène un jeune des cités, mais je tournais autour du sujet et les personnages étaient un peu lourds… à l’exception, justement, de celui de la mère. Et j’ai compris d’un coup que c’était elle la véritable héroïne, elle et son indéfectible amour maternel.
Le choix d’écrire à la première personne s’est-il imposé comme une évidence ?
C’est la deuxième fois que j’écris dans la peau d’une femme, à la première personne ! Le « je » renforce évidemment l’émotion pour le lecteur.
Ce livre, qui paraît
si fluide, a-t-il été simple à écrire ?
Non ! La principale difficulté a été de trouver une écriture soutenue, mais qui pouvait en même temps correspondre au monologue d’une femme qui, justement, s’exprime mal et en souffre. Il ne faut pas que le lecteur soit arrêté par un mot trop recherché ou une formule alambiquée qui ne ressemblerait pas à Assiah.
Quand trouvez-vous le temps d’écrire et de lire ?
J’ai pris l’habitude d’écrire le matin avant de partir au travail ou pendant les week-ends et les vacances. Quant à la lecture, j’ai eu un choc profond en découvrant William Faulkner il y a quatre ans, mais j’ai dû arrêter de le lire quand j’ai abordé la phase d’écriture, d’abord pour ne pas être tenté d’essayer de l’imiter, ce qui serait vain, ensuite pour accepter mon écriture telle qu’elle est, avec toutes ses limites.
D’après livres.blogs.paris-normandie.fr
BIBLIOGRAPHIE
La gifle au bon Dieu,
Robert Laffont,2003.
(NB août-septembre
2003)
Diane, quatorze ans, sénégalaise, vit à Atlanta. Elle donne son point de vue sur l’Amérique de Bush et surtout se révolte contre l’indifférence de Dieu. Fraîcheur, honnêteté et idéalisme font bon ménage avec un côté irrévérencieux.
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Félix de BELLOY
Le soleil est une femme
À Saint-Denis, dans son HLM gris, Assiah, coincée au fond de son fauteuil roulant, attend désespérément le retour de son fils et...
