
Né en 1949, Philippe Bertrand fait ses premiers pas dans
la bande dessinée en 1979 dans le magazine Charlie
Mensuel, avec A cet instant aux
Antipodes (album Albin Michel 1981). Il travaillait déjà pour des journaux
de la presse alternative (Toit, Zinc…).
Plus tard, paraissent dans Pilote les
premières pages de Linda aime l’art,
des fantasmes voyeurs et insolites (quatre albums Dargaud 1985). Il dessine
pour le mensuel A Suivre, signe un portfolio érotique Collection Privée (Futuropolis 1988). A partir de 1995, il écrit ou
illustre de nombreux albums jeunesse (dont Les petits riens d’Elisabeth
Brami au Seuil). En parallèle, il
réalise des décors de théâtre, des oeuvres de design, des dessins animés, le jeu
vidéo Bugmonsters, des pastels, des
romans délurés, des illustrations dans nombre journaux et magazines… En 2002,
retour à
Interview de l’auteur (© Les Notes 467 mots 2882 signes)
Pourquoi ce style graphique, pas réaliste, très
différent de vos albums récents ? D'où vient-il ?
P.B. : Ah! le style graphique !
Pour un dessinateur, c'est toujours difficile et délicat de parler de son
"style". Toujours est-il que personnellement, j'aime changer mes
approches graphiques pour chacun de mes albums. C'est en fonction du thème, du
sujet que cela se décide. Pour Le Montespan,
la documentation historique que j'ai accumulée était importante et constituée de
beaucoup de gravures du XVIIème siècle. Et je suis un vrai fan de ces gravures
et de leurs auteurs Abraham Bosse, Jacques Callot, Israël Silvestre. Pour moi,
ce sont de grands maîtres. Sans vouloir rivaliser, je m'en suis beaucoup
inspiré en y ajoutant ma patte perso. Il me semble que cela donne à l'histoire
une tonalité graphique très cohérente. D'autant que l'univers décrit par ces
graveurs n'est pas toujours très "rose" et que je n'avais pas
l'intention de "glamoriser" une époque somme toute assez dure et sans
pitié.
Depuis votre
retour à
P.B. : C'est vrai. Pour mes
premiers albums, j'ai fait les textes et les dessins. Mais je n'ai pas de
frustration d'auteur en envisageant de travailler avec quelqu'un d’autre au scénario.
Et j'avais envie de travailler avec des écrivains, si possible avec des amis et
des complices. C'est ainsi que mes derniers albums ont
été réalisés avec Frédéric Beigbeder, Tonino Benacquista et Jean Teulé.
Trois écrivains, très différents comme on peut le constater et qui impliquent
des méthodes de travail tout à fait différentes. Voilà, un aspect justement
très intéressant, cette variété d'approche. Le seul point commun étant la complicité
amicale, indispensable dans ce genre de boulot. Il ne s'agit donc pas d'une
panne d'imagination, mais plutôt d'expériences (fructueuses) et je ne dis pas
que le prochain album ne sera pas entièrement fabriqué d'une seule main. (J'ai d'ailleurs entre-temps écrit deux petits romans pour la
jeunesse, publiés chez Naïve, Patacloc, le Mystère de Berlin et
Louis-Henri de Montespan était-il si longiligne et
efflanqué ?
P.B. : On ne sait pas, le seul
portrait de lui qui existait a été détruit par son fils, le fabuleux marquis
d'Antin. Moi, Montespan, je le vois comme ça, très rock.
Pourquoi lui et Françoise ne vieillissent-ils pas ?
P.B. : Peut-être,
Montespan vieillit-il un peu plus que Françoise, mais, c'est exact, les deux
héros ne bougent pas beaucoup sous la morsure du temps. Mais que voulez-vous,
ce sont de vrais héros. Et les vrais héros ne vieillissent pas, ils restent
tels que la grâce de l'amour les a touchés (c'est surtout vrai pour
Louis-Henri).
Votre prochain projet BD ?
P.B. : Là, c’est la
période de gestation, je ne peux pas dire grand chose, plusieurs pistes, mais
vraisemblablement quelque chose "d'historique". J'ai adoré faire le
Montespan. A Suivre
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