
Né en
1965 à Saint-Jean d'Angély, il a passé un DEUG de philosophie puis s'est
orienté sur des études à l'Ecole nationale d'Arts Décoratifs de Limoges. Depuis
1994, il est devenu bibliothécaire, spécialisé dans les livres pour la jeunesse.
Il vit et travaille à Limoges. Passionné de bande dessinée et d'illustration,
il trouve sa voie en découvrant la profusion et la richesse des albums pour
enfants. Auteur fantaisiste, Yann Fastier crée son monde en s'inspirant
des petites choses du quotidien, objets ou scènes, qu'il détourne. Les objets
s'animent ou s'humanisent, dans des clins d'oeil à l'univers des enfants. Les
scènes de la vie quotidienne s'échappent, se dramatisent pour que l'essentiel
en ressorte. En tant qu'illustrateur, il crée des jeux graphiques où l'émotion
prend toute son ampleur. Il peut utiliser le noir et blanc, ou des typographies
expressives qui empiètent de plus en plus sur l'espace de la page. Curieux des
possibilités graphiques et narratives de l'album, Yann Fastier l'est aussi des
messages que l'on peut y transmettre. Il pose des questions, propose des pistes
de réflexion au lecteur intrigué.
Adresse mail : yann.fastier@wanadoo.fr
Questions
à... Yann Fastier
Comment vous
sont venues les idées pour Trop beau et Aquarium ?
Ces deux
albums proviennent d’une série d’histoires courtes qui, pour la plupart d’entre
elles, sont nées au cours de rencontres scolaires. Je faisais une proposition
graphique aux enfants, et rebondissais à partir de leurs réponses les plus (involontairement) drôles ou
farfelues. Par exemple, je fais un gribouillis au tableau, leur demande à quoi
cela les fait penser : « Un requin ! » Bon. Je redessine un
requin plus ressemblant. « C’est un requin plus beau ! » Et
hop ! Je lui fais un noeud papillon.... La plupart du temps, je dois
avouer que l’imagination des enfants est un peu décevante. Je dirais que je
suis l’auteur de ces histoires à 95%.
J’en ai
d’autres, et de bien plus bizarres, comme celle du coup de cafard ou celle du
trou qui vivait dans un lapin ! C’est un pur hasard que ces deux histoires
de poisson soient publiées simultanément par l’Atelier du Poisson soluble.
Comment
choisissez-vous le style de vos illustrations ?
Quant au
style, je n’en ai pas vraiment. Vous l’aurez peut-être remarqué, j’en change
très souvent. C’est une question d’envie et feeling, en fait. Pour Trop
beau !, j’avais besoin de quelque chose de très lisible, alors que
pour Aquarium,
c’était plus une exigence de réalisme. Quand à Petit ange (le troisième
de la série), je voulais un style très « graphique », très simple,
proche de l’abstraction. J’aime bien changer.
Propos recueillis par mail par Miren Dispot
Interview Yann
Fastier
Depuis vos
premiers contacts avec le livre, comment et pourquoi êtes-vous devenu écrivain ?
Cela ne
s'est pas fait en une fois, et pourtant, j'ai l'impression que j'aurais
difficilement pu y échapper ! J'ai depuis toujours une fascination pour les
images plates et les livres. J'ai longtemps voulu être dessinateur de bande
dessinée. Si je n'en ai jamais fait, c'est que je crois que le dispositif de
l'album, plus "synthétique", me convient mieux en définitive. Mais ce
qui a été déterminant, c'est la découverte de l'univers de l'album, quand j'ai
commencé à travailler en bibliothèque. Je ne savais pas qu'on pouvait faire
tout ça ! Des livres d'une telle liberté graphique. Et d'une telle liberté de
ton qu'ils pouvaient encore plaire aux adultes ! J'ai découvert des chefs
d'oeuvres, qui m'ont donné envie d'essayer de faire mes propres livres, mais
aussi, et peut-être surtout, des ouvrages médiocres qui m'ont permis d'oser le
faire ! C'est important : s'il n'y avait eu que des chefs d'oeuvres,
je n'aurais jamais osé essayer...
Comment le
projet d'un livre s'impose à vous : thématique, public, rythme du texte ?
C'est
toujours assez mystérieux. En tout cas, cela ne vient jamais d'une thématique
quelconque. Il s'agit plutôt de saisir une idée au vol, souvent quelque chose
d'assez particulier, un détail, un personnage, une atmosphère que la
construction de l'histoire fera évoluer vers une plus grande universalité,
jusqu'à sembler habiter parfois une thématique. Ce peut-être également l'idée
d'un dispositif image-texte, suite à une proposition de l'éditeur (dans le cas
de Corrida, par exemple), dont l'idée
originelle se retrouvera détournée dans un sens auquel il n'avait pas pensé...
Cela peut encore surgir d'un souvenir quelconque, voire d'un fragment de rêve,
d'une chanson...
Propos extraits du site www. cotedor.fr
par Miren Dispot
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Yann FASTIER
Trop beau !
« Le requin aimerait beaucoup être plus beau que le requin plus beau », mais quoi qu’il fasse, le requin plus beau est...
Aquarium
Le petit poisson multicolore nargue les poissons, plus gros que lui, certes, mais si banalement gris ! Fort de sa beauté, vaniteux...
