
QUESTIONS à
Jesse Kellerman, né à Los Angeles en 1978, fils des
écrivains Jonathan et Faye Kellerman, vit avec sa famille à New York. Les
Visages est son premier roman publié en France.
Quelle est votre formation ?
Tout d’abord je dois beaucoup à mes parents, écrivains l’un
comme l’autre dans des domaines qui se marient très bien, la psychologie et le
policier. Quant à mes études, je les ai suivies dans des écoles juives
orthodoxes et, avant d’entrer à l’université, j’ai passé un an de formation
théologique en Israël. Puis j’ai étudié la psychologie à Harvard, m’intéressant
plus particulièrement aux comportements asociaux.
Mais votre véritable passion n’est-elle pas le théâtre ?
Oui, et j’ai eu la chance de travailler avec d’excellents
comédiens dans de bonnes pièces et cela m’a incité à en écrire quelques unes.
J’ai obtenu le Princess Grace Award pour ce travail d’écriture. Cela m’a
rassuré sur mes capacités de dramaturge, et m’a permis une année sabbatique que
j’ai passée à écrire Sunstroke, mon premier roman, accepté en juin 2004 par un
éditeur. Dix jours plus tard, je me mariais ; je me souviens de cet été là
comme d’une période bénie des dieux !
Et maintenant qu’écrivez-vous ?
Depuis trois ou quatre ans, je n’écris plus pour le théâtre
car on ne peut absolument pas en vivre. Je le regrette car j’adorais travailler
en collaboration avec les comédiens et rien n’est plus excitant que de voir
incarnés sur scène des personnages que l’on a créés. Autrefois, quand il me venait
une idée, je savais d’instinct si cela pouvait donner un roman ou une pièce de
théâtre, maintenant je ne pense plus qu’au genre romanesque car, pour moi,
c’est la meilleure façon de rencontrer un public.
Quelle est votre manière travailler ?
Cinq ou six heures à
la suite, jusqu’à ce que mon dos crie au secours ! Je reprends chaque jour
l’écriture de la veille pour assurer la continuité de l’intrigue. Le soir je
m’y remets, mon objectif étant d’écrire au moins dix heures par jour. Il me
faut environ cinq mois pour une première mouture et encore quelques mois pour «
fignoler » mon texte. Certaines phrases ont été reprises une trentaine de fois
! Un roman me prend donc une année entière.
Acceptez-vous d’être catalogué comme écrivain de policier ?
C’est un peu le hasard. Mon premier roman comportait un
crime, mais c’est bizarre car mon écriture pour le théâtre n’avait rien à voir
avec ça. Cela dit, j’estime qu’une bonne fiction, quel que soit le genre, doit
être axée sur le mystère. Quant au polar, il a bien le droit d’aborder les
thèmes de l’ensemble de la littérature, y compris les plus métaphysiques, la
mort, l’art, l’amour, …
D’après le site www.jessekellerman.com
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