
Jean- Claude van Rijckeghem et Pat van Beirs sont belges et
flamands. Avant La jeune fille rebelle, ils avaient déjà écrits deux romans
ensemble, non traduits. Ils ont également cosigné le scénario du film
Moscow/Belgium, remarqué au festival de Cannes en 2008.
Jean-Claude van Rijckeghem a travaillé comme traducteur,
reporter et journaliste avant de créer sa maison de productions de films.
Pat van Beirs a enseigné les langues, et a réalisé
l'adaptation en néerlandais de films d'animations, tels Chicken run ou Monstres
et cie.
Quelques questions sur La jeune fille rebelle...
Pourquoi avoir choisi d'écrire sur Marguerite de Male?
L'Amérique a ses cow-boys, le Japon les samouraïs, et nous
les Européens sommes des chevaliers... Mais il existe peu de contes de
chevalerie, et l'histoire des femmes et des enfants au Moyen-âge n'est guère
abordée. Alors nous avons voulu introduire une figure de dame (appelez-nous des
féministes!). C'était très amusant de se mettre dans la peau d'une jeune fille.
Et puis, elle a les mêmes préoccupations que nos filles. Marguerite est la
rebelle que nous voudrions tous un peu être, sans oser. Enfin, nous n'aimons
pas les clichés sur l'amour, ni dans les films, ni dans les livres. C'est
pourquoi notre héroïne n'est pas belle, ressemble à un renard: les hommes
succombent à son tempérament et à son humour.
Avez-vous pris des libertés avec l'Histoire?
Marguerite de Male a vraiment existé. Elle s'est marié avec
Philippe le Bel, a eu dix enfants et est décrite dans l '»Encyclopedia Britannica
»comme étant difficile, pas belle -elle ressemblait à son père- et dotée d'une
forte personnalité. Le château de Male existe toujours et se trouve près de
Bruges. La scène de la mère du Comte de Flandres qui menace de se couper un
sein si son fils allie Marguerite à l'Angleterre est réelle, elle aussi. Par
contre, nous ne savons pas si la vrai Marguerite maniait l'épée avec autant
d'agilité que dans le roman. Nous avons joué avec les sources historiques,
notamment dans les passages humoristiques et les scènes d'action.
Existe-t-il des parallèles entre le XIVème siècle et aujourd'hui?
On peut trouver des similitudes, comme le climat qui
semblait changer (à l'époque, il était particulièrement rude), la peste qui
rappelle le fléau du Sida, les menaces de guerre, les prédictions de fin du
monde...
Vous passez du cinéma aux livres, et vice-versa...
La grand-mère de Jean-Claude (van Rijckeghem) était ouvreuse
de cinéma. D'elle, j'ai hérité mon amour pour John Wayne, et pour les petits
hommes verts. Enfant, j'avais vu plus de films et lu plus de bandes dessinées
que la majorité de ses camarades, et aujourd'hui, je pense en scènes et non en
chapitres. D'un autre côté, écrire, c'est la liberté totale. Un script de film
pose toujours des problèmes, chacun a son mot à dire, il existe des limites
techniques et l'argent ne suffit jamais. Impossible de tourner une scène de la
bataille de Poitiers, si un cheval se blesse c'est le drame!
Vous travaillez toujours à deux?
Nous préférons écrire ensemble que seul, nous avons besoin
de cette émulation, de ce contact social.
Interview reconstituée à partir des sites www.lalibre.be et
www.jonkvrouw.be (site officiel du livre, en néerlandais)
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Jean-Claude VAN RIJCKEGHEM
La jeune fille rebelle
En 1347, Marguerite naît au terme d'un accouchement difficile. Au grand désespoir de son père, le comte de Flandre, elle sera sa...

