
QUESTIONS à… Kyung-sook SHIN
Comment vous est venu le goût de l’écriture ?
J’ai pris l’habitude de lire et d’écrire chaque jour depuis
que je suis très jeune, entraînée en cela par un de mes frères aînés, chez qui
je vivais à Séoul. J’avais vingt-deux ans, lors de mes débuts littéraires mais
pendant sept ou huit ans j’ai travaillé en même temps en usine tout en
continuant à lire énormément. À la fin des années soixante-dix, sous le régime
dictatorial du général Pak Chonghui, la vie était très dure : une
industrialisation à outrance avec son cortège d’exploitation, de conditions de
travail déplorables et de violations des droits de l’homme.
Quelle était alors votre ambition ?
J’avais avant tout envie de changer les règles
traditionnelles de la narration avec l’ambition que, même sans la couverture du
livre, on reconnaîtrait mon écriture au bout d’à peine cinq pages !
Comment définiriez-vous votre écriture ?
D’après moi, une bonne fiction doit entraîner le lecteur
dans un monde à part, celui des profondeurs de l’existence humaine.
Vous mettez beaucoup de vous-même dans vos romans ?
Effectivement. À mes débuts, j’étais hypersensible et
écrivais dans une tension extrême, trop préoccupée de me démarquer par mon
style. C’est après La chambre solitaire que j’ai essayé d’écrire, plutôt dans
la bienveillance et dans l’empathie que dans l’antagonisme.
Comment vivez-vous actuellement votre succès en Corée et à
travers le monde ?
Très bien… Mais si je pouvais renaître, j’aimerais
travailler dans un domaine où le corps aurait davantage d’importance.
J’aimerais sculpter, fabriquer un meuble ou même danser. Néanmoins, dans cette
vie-ci, je me satisfais pleinement de mon travail d’écrivain. Je m’efforce de
ciseler chaque phrase et fait en sorte qu’aucune d’entre elles, de la première
à la dernière, ne soit de trop.
Comment expliquez-vous, dans Li Chin, cette plongée dans
l’Histoire ?
Je n’avais jusque-là jamais soupçonné que je trouverais un
jour une inspiration créatrice dans une histoire vieille de cent ans. C’est
grâce à un livre publié en France à la même époque que j’ai découvert mon
héroïne brièvement évoquée dans l’ouvrage d’un diplomate français en mission en
Corée. L’idée de faire lire Li Chin aux lecteurs français me comble de bonheur.
D’après une interview
de la journaliste Han Yun-jeong sur www.list.or et la préface de l’auteur pour
l’édition française de Li Chin.
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BIOGRAPHIE
Née en 1963 en Corée du Sud SHIN Kyung sook a fait ses débuts de romancière en 1985. Elle a publié une dizaine de romans et de recueils de nouvelles récompensés dans son pays par les prix littéraires les plus prestigieux. Auteur très apprécié en Corée, elle s’est fait connaître en France par La chambre solitaire (NB janvier 2009 & & & éditions Philippe Picquier). Un hymne à la solidarité familiale, à l’importance des rapports humains dans un pays qui s’est développé grâce à l’effort gigantesque des Coréens soumis à un régime politique autoritaire. Un beau récit autobiographique subtil et poétique, où passé et présent s’entremêlent.
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Kyung-sook SHIN
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