
QUESTIONS à…
Pourquoi camper ce premier roman dans une cité ouvrière ?
La banlieue représente une grande partie de notre pays et c’est une réalité que j’ai connue de près, même si la via Stalingrado où habitent mes personnages est fictive. A Piombino, grandir en banlieue signifie être engagée dans une lutte darwinienne pour la survie. La littérature contemporaine raconte la plupart du temps les grandes villes, pourtant il existe autre chose. Et moi j’aime cet autre chose auquel j’appartiens malgré tout.
Eprouvez-vous de l’attachement pour cet environnement ?
Oui et j’ai essayé de donner la parole à ceux qui d’habitude ne l’ont pas. Je l’ai fait parce que j’ai perçu dans ces lieux une beauté et une vitalité rares que je n’ai pas retrouvé ailleurs. Mes personnages ont les mêmes préoccupations que beaucoup d’Italiens : ils ne s’apitoient pas, ils s’amusent, ils rêvent, s’aiment malgré la misère.
Est-ce que ce n’est pas aussi un réquisitoire ?
Je veux souligner l’humanité de ces quartiers plus que leur misère, mais pour combattre la misère, il faut en prendre acte. En même temps les ouvriers d’aujourd’hui votent à droite comme à gauche. Ce à quoi on aspire c’est le bonheur immédiat, loin des grands débats d’autrefois.
Ceux et celles que je décris n’ont pas bénéficié de beaucoup d’ouverture sur le monde. Faut-il s’étonner que la grosse voiture soit un mythe plus fort que les romans de Flaubert ? Mais cela n’enlève rien à leur dignité.
Vos jeunes héroïnes ne rêvent-elles pas d’autre chose ?
Derrière leurs fenêtres elles regardent l’île d’Elbe comme le lieu d’un bonheur possible. Mais l’île est inatteignable, surtout à cause de la distance sociale : c’est le lieu de villégiature des riches Milanais et Bolognais.
La maturité de votre écriture contraste avec votre âge, combien de temps avez-vous mis à écrire ce premier roman ?
Un an mais je l’avais mûri dans ma tête pendant plusieurs mois.
D’après un entretien traduit par les éditions Liana Levi
BIOGRAPHIE
Silvia Avallone est née en 1984 à Biella dans le Piémont. Avant de suivre des études de philosophie à Bologne et de s’y installer, elle a vécu une partie de son adolescence en Toscane, à Piombino, la ville industrielle qui sert de toile de fond à D’acier.
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Silvia AVALLONE
D'acier
Face à l’île d’Elbe fréquentée par de riches Italiens, il est un coin de Toscane ignoré des guides touristiques. La ville de Piombino...

